Je suis le fou

Je suis le lit de brume tissé par les étoiles
Entre dentelles de cimes d’où l’aube se lèvera
Je suis l’oiseau sauvage qui fond sur cette mer
A l’instant où le feu enfante l’aurore

Je suis le soleil qui arrose de couleurs
Les forêts de cristaux jardinées par l’hiver
Je suis le vieil arbre qui se penche sur la fleur
Tant la beauté transporte l’immuable

Je suis le dauphin qui traverse le ciel
Depuis qu’un goéland lui a montré l’horizon
Je suis la voix qui de gorges en chairs
Retrouve en chaque pierre la cathédrale

Je suis le train fou qui part sur l’océan
Oubliant toute voie tout besoin de rivages
Je suis le fou qui part sur les chemins
Rencontrer son prochain

Je suis le fou éperdu d’amour
Qui à l’instant de grâce s’abandonne au parfum
A n’en plus pouvoir palpiter

Je suis le fou qui en plein crépuscule
Prend couleurs, toiles et pinceaux
Et laisse en silence
Comme flèches de l’âme
Ses mains donner l’onde
Qui le tient en fièvre d’émerveillement

Publicités